Le clivage Gauche/Droite

hemic-13-p

• Gauche : République des Lumières / Droite : héritage culturel et spirituel de la France

• Clivage gauche / droite = Révolution (jacobinisme) / Tradition

= éradication du passé / conservation du passé

= Lumières / enracinement

= Anti-France / France

= anthropocentrisme / Ordre naturel et surnaturel

• « Admettre l’esprit de 89 voilà entre la Gauche et la Droite la démarcation essentielle » – André Siegfried

• « Un critère demeure irréfragable : si l’on admet les idées des « philosophes » du XVIIIe siècle et celles de la Révolution française avec leurs conséquences, on appartient à la Gauche » – Jacques du Perron

• « Ce qui caractérise la droite, c’est l’adhésion à des valeurs transcendantes, qui sont au-delà du libre-arbitre des hommes. Ce qui fonde la gauche, ce n’est pas tellement l’égalité mais avant tout la liberté sans limite: n’obéir à personne d’autre que soi-même. Et nous sommes dans un système qui se fonde là-dessus, qui affirme que nous n’avons ni Dieu ni maître. Dans ce système, la droite est au mieux locataire du régime quand elle en prend la gestion. Elle se retrouve piégée dans la mesure où elle ne peut pas faire s’épanouir les valeurs auxquelles elle croit. Pire: elle ne peut jamais revenir sur les conquêtes fondamentales de la gauche. C’est ce que j’ai appelé ‘l’effet cliquet’ » – Yves-Marie Adeline


• Description du clivage Gauche/Droite par Jean-Jacques Stormay :

« Qu’est-ce que la « droite » ?

Est « de droite » toute doctrine politique qui sait qu’il existe un ordre naturel des choses, dont l’homme n’est pas créateur et auquel la liberté humaine doit se conformer, sous peine de produire les pires catastrophes. Dans cette perspective, le bonheur de l’homme, sa fin ultime (possession de son vrai bien), consiste non à faire ce qu’il veut, mais à s’intégrer en cet ordre, ainsi à conformer son action aux impératifs de la nature humaine.
Allons cependant plus loin. Qu’est-ce que l’ordre ? C’est la disposition des choses en vue d’une fin. Or, cette fin, il a bien fallu quelqu’un pour la penser. Exemple : un moteur est un ensemble de pièces ordonnées non par hasard, mais parce qu’un concepteur a voulu créer un mouvement. De la même façon, l’ordre qui régit l’univers est l’effet d’une intention créatrice. Ce qui revient à dire qu’il existe un Ordonnateur rémunérateur et vengeur, personnel et spirituel qui peut Se révéler et qui, de fait, s’est révélé, dont l’homme est l’image. Par conséquent, s’il veut être logique avec lui-même, l’homme de droite doit croire en l’existence de Dieu, de l’immortalité de l’âme, d’un bonheur qui n’est pas de ce monde.
Franchissons une nouvelle étape : un individu n’est parfait que lorsqu’il possède son bien ultime. Une telle possession se nomme : bonheur. Par conséquent, puisque le bonheur n’est pas de ce monde, l’homme terrestre n’est jamais parfait. Il tend vers la perfection. L’homme de droite croit donc en l’imperfection congénitale de l’homme et rejette ainsi le mythe rousseauiste du « bon sauvage ».

Qu’est-ce que la « gauche » ?

Est « de gauche » toute doctrine politique qui conteste l’existence d’un ordre naturel des choses, d’une nature humaine intangible, d’un Dieu créateur. Cette doctrine attribue à la liberté, supposée par elle-même congénitalement parfaite, la tâche de définir l’homme, voire de l’inventer, de créer l’ordre, dans le but d’atteindre un bonheur exclusivement terrestre. Voilà pourquoi l’homme de gauche n’hésite pas à faire « table rase » du passé, décrétant que les races n’existent pas, que l’homme et la femme jouissent des mêmes aptitudes, que l’union des corps et l’avortement doivent être libres etc.

Une notion différente de l’autorité

Par voie de conséquence, l’autorité est vue de façon radicalement différente selon le camp auquel on appartient. Pour l’homme de droite, elle procède de Dieu et doit se conformer à l’ordre voulu par Dieu ; pour l’homme de gauche, elle procède de l’homme et doit se conformer à ce que la masse attend.
Il s’ensuit que pour l’homme de droite, la liberté n’est pas infinie ; elle doit rester dans les bornes de la droite raison. Pour l’homme de gauche, en revanche, la liberté détermine la valeur et mesure la rectitude de la raison. »


• Origines de la droite (extrait d’une interview de l’historien Philippe Pichot-Bravard) :

« La Contre-Révolution est apparue dès l’été 1789. Elle s’est exprimée par une triple opposition.
Opposition parlementaire d’abord, au sein de l’Assemblée nationale constituante, parmi ces députés qui se réunissent, à partir du 11 septembre 1789, à la droite du président. Cette opposition, par-delà sa diversité, est unie par un quadruple refus :
1- Refus de la politique de table rase ;
2- Refus de la souveraineté nationale, au nom de la souveraineté royale historique ;
3- Refus d’une constitution écrite volontariste ;
4- Refus de l’uniformisation juridique, au nom de la diversité statutaire traditionnelle.

Opposition populaire, ensuite, illustrée par la spectaculaire résistance des provinces de l’Ouest de la France, vendéens et chouans, au nom de Dieu, du Roi et de leurs libertés, résistance à laquelle fait écho celle du Languedoc blanc. Aux quatre coins du Monde, toutes les entreprises de subversion révolutionnaire susciteront de semblables résistances populaires, comme l’a montré le Pr. Yves-Marie Bercé. Si la Christiade mexicaine est, aujourd’hui, la plus connue, il ne faut oublier, notamment, la résistance tyrolienne d’Andreas Hofer à l’occupation napoléonienne, les guerres carlistes espagnoles, les résistances paysannes à l’unité italienne ou encore les résistances paysannes au totalitarisme léniniste qu’Alexandre Soljenitsyne avait comparées à la résistance vendéenne lors de sa visite aux Lucs-sur-Boulogne en 1993.

Opposition intellectuelle enfin, illustrée dans un premier temps par Edmund Burke, Louis de Bonald et Joseph de Maistre.
L’argumentation d’Edmund Burke est particulièrement intéressante : elle affirme que la proclamation de la Liberté abstraite peut être dangereuse pour la préservation des libertés concrètes ; elle affirme que les droits de l’homme, déclarés de manière abstraite, risquent fort de voiler des atteintes graves et répétées aux véritables droits de l’homme. A cet égard, Burke annonce ce que sera l’intuition géniale de Tocqueville dans le deuxième livre de De la Démocratie en Amérique : le caractère despotique que pourrait revêtir la démocratie dans le monde futur.
Plus tard, Antoine Blanc de Saint-Bonnet, Mgr Pie, et les catholiques sociaux René de La Tour du Pin et Maurice Meignan ont apporté leur contribution à la pensée contre-révolutionnaire, une contribution qui a alimenté les encycliques pontificales, celles de Léon XIII et de Pie XI en particulier, notamment Rerum Novarum, Quas Primas et Quadragesimo Anno.

Au tournant du XIXe siècle et du XXe siècle, l’école de l’Action française, avec Charles Maurras, Léon Daudet et Jacques Bainville ont rendu à la contre-révolution politique la vitalité qui lui manquait, tout en mêlant à la pensée contre-révolutionnaire des éléments qui ne sont pas contre-révolutionnaires. Ainsi, le royalisme de l’Action française n’est pas de même nature que le royalisme traditionnel. Alors que ce dernier puise sa justification dans le principe de transcendance et dans la mission de justice, le royalisme d’Action française est placé au service d’une doctrine nationaliste. Maurras s’est rallié à la monarchie parce que ce régime était à ses yeux le plus apte à défendre l’intérêt national dans les relations internationales. En outre, sa doctrine est tributaire, pour partie, du scientisme des Lumières. Il n’en demeure pas moins que l’école de l’Action française a formé plusieurs générations d’écrivains et de penseurs contre-révolutionnaires, notamment Jean Ousset et Jean Madiran. Tandis que Jean Ousset s’est employé à penser les conditions d’une restauration d’une Cité catholique, Jean Madiran, dans Itinéraires, a patiemment décortiqué et dénoncé les méthodes subversives employées par le Parti Communiste et ses courroies de transmission ; il a décortiqué les méthodes subversives employées, à l’occasion du deuxième concile du Vatican, par des journalistes, des intellectuels et certains clercs, pour introduire l’esprit révolutionnaire dans l’Église. »


• Résumé contrasté des idées de Droite et de Gauche, d’après Jacques du Perron :

tableau

Quelle leçon en tirer pour aujourd’hui ? Qu’il n’y a plus de droite dans l’échiquier politique, les partis étant tous de gauche (diverses tendances de gauche).

La droite n’a été au pouvoir que sous la Restauration, sous la IIème République, sous le cabinet de Broglie, et sous le gouvernement dit de Vichy (aujourd’hui volontairement confondue avec les problèmes de l’Occupation et des pressions allemandes pour discréditer toute philosophie de droite). Après 1944, elle n’existe plus dans l’échiquier politique. Comme le dit l’Amiral Auphan en 1949, « Si l’on excepte les deux brèves réactions de la Restauration et du gouvernement de Vichy, les principes révolutionnaires de 1789 règnent en France, avec plus ou moins d’acuité, depuis un siècle et demi ».


Conférence d’Adrien Abauzit où il fait un rapide historique du clivage gauche/droite. Voir du début jusqu’à la 26ème minute :


Patrick Buisson a bien saisi la distinction entre les fausses droites et la véritable, fait rare qui mérite d’être souligné dans notre époque de bêtise intellectuelle. Extrait de son livre « La cause du peuple » :

« C’est en pleine guerre froide que René Rémond rédige et publie son célèbre ouvrage La Droite française de 1815 à nos jours. Il a alors le mérite de s’attacher à analyser l’itinéraire intellectuel et le corpus idéologique de tout un mouvement de pensée et d’action auquel il confère une unité inattendue, mais non sans le diviser en trois familles qui lui paraissent constitutives de son histoire : la droite légitimiste, la droite orléaniste et la droite bonapartiste. L’ordre catégoriel qu’il invente, et qui est promis à un bel avenir, achoppe cependant sur un préjugé essentiel : que des courants puissent être classés à droite suffit-il à en faire ontologiquement des forces de droite ? Ainsi que le démontreront par la suite les travaux de Stéphane Rials et de Frédéric Bluche, deux des trois droites répertoriées par Rémond n’ont en fait de droite que le nom. Elles ne sont de droite que par la position qu’elles occupent sur le spectre politique, ce qui en fait, tout au plus, des « droites situationnelles » qu’il convient de distinguer de la droite originelle. Tels sont les cas du bonapartisme et de l’orléanisme que les vicissitudes de l’histoire ont progressivement déportés vers la droite, mais qui ont été originellement des centres ; le premier par sa volonté de synthèse entre les idées révolutionnaires et conservatrices, le second au titre de son rejet des extrêmes républicains et légitimistes. Plus encore que la Révolution française, c’est le capitalisme qui constitue la pierre de touche de la droite. Expression politique de l’idéologie libérale, adhérant à sa logique individualiste et contractualiste, la mouvance orléaniste fait très rapidement cause commune avec la bourgeoisie capitaliste au point de s’identifier, une fois parvenue au pouvoir, par la voix d’un Guizot ou d’un Thiers, à la défense exclusive de ses intérêts. Le césarisme bonapartiste se montre, quant à lui, plus circonspect vis-à-vis de la mainmise capitaliste sur l’économie. Avec son essai Extinction du paupérisme, Louis-Napoléon Bonaparte est l’un des rares hommes politiques de son temps à s’intéresser à la question sociale sous un angle au demeurant plus socialiste. Symboliquement, le Second Empire s’emploiera à rehausser la valeur sociale du monde ouvrier, même si Napoléon III ne pourra mener jusqu’au bout ses projets réformistes. De manière générale, la droite bonapartiste et son épigone gaulliste, réactivant le colbertisme d’Ancien Régime, se distinguent ultérieurement en affirmant la nécessité d’une intervention de l’Etat dans l’économie, intervention qui exige pour être efficace des institutions stables et un pouvoir politique fort.

En amont de ces droites par déshérence, la droite réactionnaire, qu’on la nomme contrerévolutionnaire, légitimiste, traditionaliste ou qu’elle évolue sous la bannière du catholicisme social, s’inscrit d’emblée dans une opposition radicale, aussi philosophique que politique, au libéralisme et au capitalisme. Les choix fondamentaux en jeu sont la solidarité collective avant l’émancipation individuelle, la communauté naturelle plutôt que la sociabilité contractuelle, l’enracinement local contre le déracinement cosmopolite. Toute une littérature réactionnaire s’attache à dénoncer avec horreur les effets ravageurs de la mutation économique engendrée par la révolution industrielle, aussi bien l’exploitation du prolétariat que la dégradation morale corrélative de la bourgeoisie, les deux étant jugés contradictoires avec ce qu’exige l’« art politique », soit les conditions d’un ordre social juste. »


Il existe pas mal de personnes qui ne comprennent pas le clivage gauche/droite, en prétendant qu’il n’existe plus ou qu’il faudrait le dépasser, mais tout en revenant dessus sous d’autres termes.

 – Exemple avec ces propos de l’historien Arnaud Imatz dans une interview :

« Au fil des ans, la division droite-gauche s’est convertie en un mythe incapacitant destiné à brider la résistance populaire à la cristallisation oligarchique. Un bon nombre d’auteurs considèrent désormais que le prétendu débat politique immuable, opposant deux catégories « essentialisées », est devenu insensiblement un masque. Le non-conformiste authentique heurte de front les tabous de notre époque en envisageant l’hypothèse que c’est dans le principe matérialiste de la vie, le rationalisme des Lumières, l’absolutisation du relatif, la divinisation de la science, l’exacerbation de l’individualisme, la négation de la valeur de l’identité et de la différence, la primauté de l’économique sur le social, de l’utile sur l’éthique, enfin, le culte de l’argent et de l’égalité généralisée que se trouve la matrice de l’aliénation, du totalitarisme mou ou soft de la modernité. »

Tout les principes qu’il énonce correspondent à la gauche et ce qu’il appelle « non-conformiste authentique » correspond à la (vraie) droite. L’erreur est qu’il prend « Les Républicains » (ex-UMP) pour la droite alors qu’il s’agit d’une gauche.

– Exemple avec la présentation d’une interview de la philosophe Chantal Delsol sur TV Libertés :

« Chantal Delsol : Le nouveau clivage émancipation contre enracinement.
Philosophe, historienne des idées et romancière, Chantal Delsol est membre de l’Académie des Sciences morales et politiques. Elle vient de publier un essai puissant et sans compromission intitulé : « La haine du monde » aux Editions du Cerf. Pour l’auteur, le clivage traditionnel gauche/droite s’estompe en faveur d’un autre, plus récent mais durable : la séparation entre démiurges et jardiniers, représentant deux courants de pensées adverses.
Les démiurges, les enfants des Lumières, possèdent le pouvoir. Ils veulent émanciper l’homme des particularismes, des emprises familiales, religieuses, nationales ou culturelles; En cela, ils se situent dans la continuité des totalitarismes du XXème siècle. L’esprit ultime du démiurge est le transhumanisme, l’homme amélioré qui rêve d’immortalité. Par opposition au démiurge, Chantal Delsol fait appel à l’image du jardinier « qui ne cherche pas l’efficacité mais la fécondité ». Chantre de l’enracinement, le jardinier s’apparente à la représentation de la contre-culture face au pouvoir et aux puissants.
Le but du jardinier n’est pas de créer un nouveau monde mais parfaire celui qu’il a trouvé en arrivant. Plus observatrice que militante, Chantal Delsol se garde bien de choisir son camp. Haut et fort, elle prône un équilibre nécessaire entre l’enracinement et l’émancipation. Cependant, au fil des pages, elle finit par affirmer qu’elle ne croit pas au triomphe de la démiurgie. L’auteur s’écrit : « Jamais les pensées absurdes n’ont gagné ! ». »

Pour elle, le clivage gauche/droite n’existe plus mais elle revient dessus avec d’autres mots. L’émancipation signifie le déracinement et la philosophie de gauche est une philosophie de déracinement. La droite est une philosophie d’enracinement. Ce qui est surprenant c’est qu’elle décrit elle-même ce qu’est la gauche, en parlant de la philosophie des Lumières et de son projet mais tout en disant que le clivage gauche/droite n’existe plus (alors qu’il se manifeste aujourd’hui plus que jamais) ! C’est curieux tout de même. De plus, il n’y a pas de « nouveau clivage émancipation contre enracinement », puisque c’est simplement le clivage gauche/droite qui existe depuis 1789.

– L’historien Ghislain de Diesbach, lui, a compris : « Il existe en France actuellement deux grands partis de gauche, dont l’un s’appelle la droite » (Petit dictionnaire des idées mal reçues, 2007)

– Une variante avec Bérénice Levet : « Pour Bérénice Levet, il n’y a pas de droitisation de la France ni de l’Europe d’ailleurs, ce sont simplement les peuples qui réclament leur dû: leurs besoins anthropologiques de frontières, d’identités et d’enracinement. »
Elle dit qu’il n’y a pas de droitisation tout en définissant qu’il y a droitisation.


Un schéma objectif du clivage gauche/droite, récupéré sur le blog « Bibliothèque de combat » :

Les esprits de gauche complètement subjectifs et hémiplégiques auront beaucoup de difficulté à admettre ce schéma.

Publicités
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Le clivage Gauche/Droite

  1. Ping : Adrien Abauzit, « comment peut-on être de Gauche ?  (conférence) | «pour une France Chrétienne et enracinée

  2. Ping : Beau de Loménie enquête sur le clivage Droite/Gauche | pour une France Chrétienne et enracinée

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s