Qu’est-ce que la Gauche ?

La Gauche est le camp qui veut éradiquer le passé pour créer un Homme nouveau, un ordre nouveau, un monde nouveau. C’est la révolte contre l’ordre naturel. La philosophie de la gauche est celle des Lumières. Le but de la gauche : aboutir à la République des Lumières.

Conférence d’Adrien Abauzit pour comprendre ce qu’est la Gauche (Voir les 30 premières minutes) :

Résumé écrit de la conférence :

I) Qu’est-ce que l’anti-France ?
II) Qu’est-ce que la philosophie des Lumières ?
III) Conséquences de la philosophie des Lumières
IV) Faire appel à nos élites
IV-1) Qui sont nos élites ? Histoire et sociologie des élites françaises
IV-2) Comment les rallier à une cause nationale ?
IV-3) Parallèle avec la révolution française
V) Conclusion

I) Qu’est-ce que l’anti-France ?

Question : pourquoi le peuple français est-il insensible voire dégoûté par ce qui fait notre civilisation ?

Exemple : Christophe Barbier a déclaré dans On n’est pas couché que les « valeurs » républicaines étaient plus importantes que la volonté du peuple. Ces valeurs sont en fait l’idéologie des droits de l’homme. Ces valeurs ne sont que la reprise du droit naturel du philosophe néerlandais Grotius. La doctrine du droit naturel a été reprise ensuite par les Lumières. Ces valeurs dont parle Barbier sont donc en fait la philosophie des Lumières.

L’anti-France est donc la République dont l’esprit des institutions est la philosophie des Lumières.

II) Qu’est-ce que la philosophie des Lumières ?

Pourquoi la philosophe des Lumières est-elle l’anti-France ? Une philosophie n’implique pas forcément un effacement civilisationnel.

Kant dans “Qu’est-ce que les Lumières ?” dit : les Lumières est la philosophie qui permet aux individus d’utiliser leur propre entendement. En effet les individus ne pensent pas par eux-mêmes. Mais quelle va être la réponse (mauvaise) des Lumières ? C’est : “pour utiliser son entendement, l’homme doit abolir le passé”.

Les Lumières le formulent de cette manière : “l’homme est naturellement bon, mais force est de constater qu’en société il est mauvais. C’est parce la société l’a rendu mauvais, et si elle l’a rendu mauvais c’est parce que ses fondements (la religion) sont mauvais”. Les Lumières vont proposer comme nouveau fondement : “la raison”.

Quelques exemples :

  1. Montesquieu a voulu changer les institutions. D’ailleurs, c’est parce qu’il a voulu copier les anglais, dont les nobles font jeu égal avec le roi. Chambre des pairs = chambre des nobles.
  2. Diderot, l’encyclopédie : réécrire le savoir, mais sur de nouvelles bases, sur le fondement de la raison
  3. Voltaire : écrasons l’infâme = écrasons la Croix
  4. Comte d’Olbach, anti-chrétien (a écrit : “le christianisme dévoilé”) voulait éradiquer le passé
  5. Jean-Jacques Rousseau : l’Emile c’est très naïf. Il propose un nouveau système d’éducation, s’attaque au format familial traditionnel. Contrat social : faire naître des institutions hors sol dégagées de la tradition. Discours sur les arts et les sciences : il dit que les arts altèrent la vertu des peuples. S’attaquer aux arts = culture = tradition = passé

Les Lumières vont promouvoir un modèle de société, un modèle d’individu qui a abdiqué toute trace du passé, toute particularité, toute caractéristique culturelle, politique, sociale, religieuse.

Raisons de la Révolution : la noblesse voulait prendre sa revanche sur le roi, et la bourgeoisie avait besoin de faire péter le carcan de l’ancien régime pour laisser plus de place à la puissance du marché.

III) Conséquences de la philosophie des Lumières

Conséquences politiques de cette philosophie :

  1. L’Union Européenne. Dixit François Mitterrand : “la France est notre histoire, l’Europe est notre avenir”
  2. L’immigration de masse permet d’éradiquer le peuple de France
  3. La théorie du genre. “Vous n’êtes plus votre sexe, vous pouvez choisir”
  4. La laïcité
  5. On a donné la nationalité française à des gens qui n’étaient culturellement pas français. Exemple : des gens qui font allégeance à leur pays d’origine, comme le soir de l’élection de François Hollande.

Conséquences anthropologiques :

  1. Émergence de l’individualisme. Exemple : le mariage gay, qui est une atteinte de la famille, répond à des intérêts particuliers et néglige toute notion de bien commun. [anecdote de Louix XIII qui a exécuté le Comte de Montmorency-Bouteville] [anecdote des mines de fer des Wendel pillées par les Allemands]
  2. Processus de décivilisation. Norbert Elias : les individus se sont civilisés à partir du Moyen Age, en incorporant des normes siècle après siècle. Ils sont devenus polis, courtois, ce qui a rendu la vie en société possible et moins violente. La philosophie des Lumières dit de nous dépouiller de toute norme, ce qui produit donc de la décivilisation. Exemple 1 : l’incivisme des Wesh-Wesh, qui sont déstructurés et qui n’ont aucune norme pour les structurer. Exemple 2 : vulgarité de certains présentateurs (Cyril Hanouna, …). Exemple 3 : déclin des arts, aujourd’hui il n’y a plus d’écrivain. Pour être un génie, il faut incorporer la culture existante. L’individu spontanément talentueux ça n’existe pas.

Un mot supplémentaire sur la décivilisation. Le totalitarisme est le régime qui réduit le peuple à l’état de masse. Selon Simone Weil (la philosophe), un individu est enraciné quand il participe à l’existence de sa collectivité, ce n’est possible que quand il est structuré par les trésors du passé. Les Lumières sont donc la matrice du déracinement du peuple de France.

Pour conjurer la zombification il faut éradiquer les Lumières. Le peuple n’est pas souverain : exemple avec la constitution européenne refusée par les Français en 2005 mais votée par le parlement en 2008 sous la forme du traité de Lisbonne.

IV) Faire appel à nos élites

Les choses changeront en France quand nos chères élites françaises l’auront voulu. Ce constat appelle plusieurs questions.

IV-1) Qui sont nos élites ? Histoire et sociologie des élites françaises

a) Dans quel contexte baignent nos élites ?

  1. Elles baignent dans le contexte de l’hyper-classe. C’est la vassalisation de toutes les oligarchies par l’oligarchie anglo-américaine, et en particulier le réseau Rothschild. Le logiciel des Rothschild n’est pas le sionisme mais le franquisme (c.f. Gershom Scholem, Charles Novak : “Jakob Frank le faux messie”, Rabbin Antelman : “To eliminate the opiate”). Oligarchie formée en 1898 : car l’Angleterre met fin à la guerre de Boers, et les US expulsent les espagnols de Cuba. Ces messieurs fondateurs de l’oligarchie sont d’ailleurs partis en croisière en 1912…
  2. L’oligarchie française se met à la botte, par exemple Clemenceau était un agent anglais acharné.
  3. Les oligarchies occidentales se mettent à la remorque pour plusieurs raisons : la lutte contre le communisme, la construction européenne, et avec les accords du Gatt, l’internationalisation des affaires a fait que tout a été concentré à la City de Londres ainsi qu’à Wall Street
  4. L’oligarchie chinoise aussi a été vassalisée par l’oligarchie anglo-américaine, même si elle est ultra-nationaliste [pas de miracle chinois car investissements occidentaux massifs]
  5. L’oligarchie russe a été vassalisée en 1993, quand Eltsine a privatisé une grande partie de l’économie.

b) Qui sont les élites ? Historique depuis la révolution

  1. On entend beaucoup : les sionistes et les franc-maçons, ce sont des sottises. Deux références incontournables : Emmanuel Beau de Loménie : “la responsabilité des dynasties bourgeoises” et Henry Coston qui a fait un travail extrêmement rigoureux, reconnu par Pierre Assouline et Simon Epstein.
  2. Directoire. Les Robins : avocats, magistrats, conseillers au parlement, ont bâti des fortunes immenses. Le problème : leur fortune était lié au sort de la Révolution. Retour du roi = fin de la fortune. Les dynasties bourgeoises vont tout faire pour empêcher le retour du roi, et vont financer le coup d’état de Brumaire. Ces banquiers ont été nommés régents de la banque de France. Exemple : le banquier Mallet, aujourd’hui la banque Schlumberger-Neuflize-Mallet. Napoléon va les remercier grassement, via par exemple des concessions de mines.
  3. Restauration après la débâcle de Napoléon. Sous Louis XVIII, la noblesse va se refaire la cerise. En 1827, l’État va verser aux familles nobles lésées par la Révolution un milliard de francs. Les nobles vont se reconvertir dans l’affairisme. Les Chodron de Courcel par exemple vont se retrouver à la banque de France.
  4. La bourgeoisie va renverser Charles X et mettre à la place Louis Philippe, agent de l’Angleterre. Deux régents de la banque de France vont devenir président du Conseil : Jacques Laffitte et Casimir Perier.
  5. Second Empire : les dynasties bourgeoises vont se scinder, et certaines ne se rallient pas à Napoléon III. C’est à ce moment-là que la bourgeoisie juive va émerger, parce qu’il y a des places à prendre. Les Rothschild, aidés par Monsieur Paulin Talabot vont fonder la Société Générale.
  6. Les 3 strates des élites (dynasties bourgeoises, noblesse et bourgeoisie juive) ne vont pas beaucoup se mélanger. Un roman illustre ça : “La Fortune des Rougon” d’Émile Zola. Les romans de Balzac illustrent ça aussi. C’est au XXe siècle que les milieux vont fusionner.
  7. La noblesse a toujours un rôle à jouer. Référence : livres des Époux Pinçon
  8. Dassault devient milliardaire grâce au Front Populaire. D’autres fortunes dans le luxe : Bettencourt, Pinault, Bernard Arnault, Hermès. Dans l’agro-alimentaire aussi, avec par exemple la famille Ricard.
  9. Aujourd’hui il y a trois strates des élites : les notables, le MEDEF, et la couche qui baigne dans l’hyper-classe.

IV-2) Comment les rallier à une cause nationale ?

Comment convaincre les élites de lutter contre le mondialisme ?

  1. La facture du mondialisme c’est au minimum 100 milliards d’euros par an. 50 milliards pour les banques, et 50 milliards pour la contre-colonisation.
  2. La chaos c’est pas bon pour les affaires. Si ça continue, la France va se « marseilliser ». Le crime va prendre de plus en plus de place dans l’espace public. Ces deux arguments devraient parler aux 2 premières couches des élites, à savoir les notables et le MEDEF.
  3. Il n’est pas impossible que l’oligarchie américaine se retourne contre un des ses vassaux, la France. En 2011, l’affaire lybienne. Khadafi baignait dans le système (copain comme cochon avec Oleg Deripaska ainsi que Nathanaël de Rothschild) [Monsieur “Sabbataï Tsevi” enterré au Montenegro ? A checker]

Nos élites ne vont pas le faire naturellement, il va falloir leur tordre un peu le poignet. Moyens à utiliser : réseautage, lobbying, vote Front National.

IV-3) Parallèle avec la Révolution française

On peut faire un parallèle avec la Révolution Française. C.f. les travaux des historiens François Furet et Augustin Cochin. A partir de 1750, se sont fabriquées de nouvelles sociétés de pensée. Elles ont fomenté une nouvelle légitimité politique et culturelle. Les institutions de l’Ancien Régime se dépérissaient.

Aujourd’hui, les Français ne croient plus aux institutions, aux hommes politiques, aux journalistes. Sur internet se développent de nouvelles sociétés de pensée, ainsi qu’une nouvelle légitimité politique et culturelle. Le système est en train de paniquer, comme on peut le voir avec la quenelle, on ne parle que de ça, ce qui est complètement irrationnel car inoffensif. Le système a compris qu’il avait perdu prise. C’est exactement ce qui s’est passé au XVIIIème siècle. Ceci dit cette pensée dissidente, bien qu’elle touche de plus en plus de gens, n’est pas consolidée. Nos élites aujourd’hui ne connaissent pas la dissidence.

Mais il faut être optimiste, car les élites sont pragmatiques et savent où est leur intérêt, et peuvent changer de cheval s’ils pensent que ça peut être intéressant pour eux. [Exemple avec Beau de Loménie qui explique la cassure des dynasties bourgeoises sous Napoléon III]

V) Conclusion

Celui qui aime la République, l’amour de la France n’est pas en lui.

(Résumé réalisé par le blog latvabrutit.wordpress.com (texte peaufiné))

Citations de Vincent Peillon décrivant ce qu’est la gauche :

Vincent Peillon – La Révolution Française n’est pas terminée, Seuil, 2008 :

« La révolution française est l’irruption dans le temps de quelque chose qui n’appartient pas au temps, c’est un commencement absolu, c’est la présence et l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français. 1789, l’année sans pareille, est celle de l’engendrement par un brusque saut de l’histoire d’un homme nouveau.

La révolution est un événement méta-historique, c’est-à-dire un événement religieux. La révolution implique l’oubli total de ce qui précède la révolution. Et donc l’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen. Et c’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle église avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi. »

Vincent Peillon dans le Journal du Dimanche, 1er septembre 2012 :

« Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. »


Citation d’Alain-Gérard Slama décrivant la gauche :

« Le projet républicain espérait arracher l’individu aux déterminismes de son milieu physiquement ethnique, religieux et social. L’objectif à atteindre était non de rejoindre la conscience nue, mais de favoriser l’émergence d’un citoyen autonome, capable d’exercer sa raison sans entraves ni préjugés, et d’assumer la responsabilité des actes qu’il a librement choisi. » (Le Siècle de Monsieur Pétain)


« Le repli identitaire, culturel et cultuel, est inquiétant. » – Clothilde Chapuis, présidente de la LICRA girondine

L’objectif de la gauche est de déraciner l’Homme. Appartenir à quelque chose devient pour la gauche un « inquiétant repli identitaire, culturel, religieux ». Se détruire, se dissoudre, devient une « ouverture », donc quelque chose de bien (sans savoir pourquoi au fond). On est en plein dans les Lumières avec ce genre de phrase : tout ce qui déracine est bien, tout ce qui enracine est mal.


Interview du philosophe Alain de Benoist à la Nouvelle Revue d’Histoire où il explique ce qu’est la gauche mais sans en avoir conscience :

NRH : Que vous inspire la déclaration de Vincent Peillon, ministre de l’Éducation, quand il dit que «  le but de l’éducation est d’arracher l’élève à tout déterminisme, familial, ethnique, social, intellectuel… » ?

AdB : Je la trouve très intéressante parce qu’en quelques mots elle définit et du même coup révèle un projet d’ensemble. Vouloir « arracher l’élève à tout déterminisme », c’est vouloir couper l’enfant de tout ce qui est en amont de lui et sur quoi il pourrait s’appuyer pour se construire : son passé, ses ancêtres, sa culture, ses repères, etc. C’est vouloir créer de toutes pièces un individu abstrait, qui soit à la fois de partout et de nulle part, et qui, de ce fait, deviendrait éminemment malléable pour des conditionnements nouveaux.

On a parfois défini les régimes totalitaires comme des régimes qui n’hésitent pas à enrégimenter la jeunesse dès le plus âge. « Dès le plus jeune âge » est aussi la formule qui revient le plus fréquemment dans les circulaires ou les déclarations officielles du type de celle que vous citez. Cela donne à penser.

On comprend du même coup pourquoi se répand la théorie du genre, ou pourquoi l’histoire est systématiquement négligée à l’école. Tout ce qui est de l’ordre de l’appartenance ou de l’héritage ne doit plus rien avoir à nous dire. Toujours l’auto-engendrement. Mais vers quel avenir ?


Article « Vers l’extinction des Lumières ? » de l’Abbé François-Marie Chautard (janvier 2016) :

Le libéralisme, dans sa pureté la plus absolue, la plus éthérée, se refuse à toute contrainte. Et il s’est toujours attelé à démanteler toute forme de contrainte.

La contrainte religieuse fut la première congédiée. Obéir à un dogme heurtait ces rationalistes qui voulaient conserver la liberté de leur esprit et ne pas se soumettre à une vérité née du dehors.

Le rejet de la contrainte politique ne se fit pas attendre. On n’avait pas chassé Dieu pour conserver un monarque. Il fallait pouvoir s’auto-déterminer individuellement, collectivement, et surtout librement.

La contrainte morale, plus concrète et plus enracinée, fut plus longue à détruire. Il n’est jamais agréable de vivre en barbarie. Mais qu’importe ; foin des normes, des règles, des interdits, il fut interdit d’interdire.

Naturellement, la contrainte familiale fut renversée. « Familles, je vous hais » fut le nouveau slogan de ces nouveaux amis du peuple. Après le déicide et le régicide, le parricide était de mode.

La révolte contre toute espèce de contrainte sexuelle fait aujourd’hui peau neuve. Il ne s’agit même plus de libertinage ou de licence des mœurs, voire de débauche, mais de la liberté de choisir son sexe. Car s’abandonner à ce dernier quand on nous l’impose, c’est encore suivre une contrainte. Il faut donc la déconstruire.

Cette « tabula rasa » ne pouvait que s’accompagner du refus de la contrainte du passé. Les penseurs français, tels Descartes ou Bayle, s’empressèrent d’en détruire le crédit. Avec le temps, l’Éducation nationale s’est emparée de l’idée, et l’héritage du passé, de l’histoire, des auteurs et des classiques, s’est réduit comme peau de chagrin.

Mais il restait la contrainte du livre. L’aide efficace de Jean-Jacques et de son fameux « Je n’aime pas les livres » trouva auprès de ses lecteurs dociles de nombreux émules.

Après le livre demeurait toujours la contrainte du maître, fût-il ignorant du passé et débarrassé d’ouvrages. Il fallut donc le supprimer. On ne parla plus de maîtres mais d’enseignants, puis d’éducateurs.

Libéré du livre et du maître, quelle chaîne pouvait-encore asservir l’homme ? La contrainte de la langue. Car « la langue est fasciste ». Qu’à cela ne tienne, les structuralistes allaient s’enquérir de briser cette servitude.

N’y avait-il pas encore une dernière contrainte, un ultime mur porteur à abattre ? La culture ne serait-elle pas un odieux privilège envers ceux qui ne la possèdent pas ? N’est-il pas injuste de priver l’homme de choisir sa culture et de le soumettre à des valeurs dites supérieures ? Mieux valait donc anéantir la contrainte de la culture pour faire l’éloge des cultures, c’est-à-dire des mentalités et des coutumes, fussent-elles de taguer les murs.

Ainsi s’acharnent nos « intellectuels » et notre système scolaire, depuis des lustres, à libérer les hommes de toute domination du savoir, de la langue ou de la culture.

Seulement, à force d’avoir prôné la déconstruction de toute contrainte, le libéralisme des Lumières a démantelé l’homme. L’homme avait un Dieu, un roi, un père, une terre, une patrie, un nom, un passé, des maîtres, une langue, une science, une culture, un esprit.

L’homme purement libéral, absolument libéral, parfaitement libéral, est absolument libéré, mais il l’est comme un athée, un apatride, un orphelin, un déraciné, un analphabète, un ignorant, un inculte, un sot. En un mot, un sauvage.

En termes métaphysiques, c’est le règne de la puissance sur celui de l’acte. Mais le règne de la pure puissance est voisin de l’impuissance, tout proche du néant, mais aussi tout proche de l’asservissement. Tel est le paradoxe du libéral, mûr pour les chaînes de la barbarie.

Fort logiquement, le parfait libéral issu des Lumières en est donc arrivé au paradoxe de dénoncer la contrainte de la connaissance sur l’ignorance, de la culture sur l’inculture, de l’esprit sur la bêtise, des Lumières sur les ténèbres. Au terme d’une course folle, on est arrivé à cette apparente étrangeté que les Lumières produisent les plus profondes ténèbres.

La boucle est bouclée. On dit des étoiles filantes qu’elles brillent quand elles sont mortes. Nous constatons le même paradoxe pour la pensée des Lumières. Elle brille mais elle est morte. Et elle est morte parce qu’elle est mortifère.

Pie IX avait pourtant averti les esprits de son siècle dans l’ultime proposition condamnée du Syllabus qui sonnait comme un avertissement solennel : « Le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ». Car il est folie de s’abandonner aux chimères de l’esprit libéral.

En ce temps de la Nativité, il sera plus sage d’accueillir « La vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde » Jn (1/7) qui seule peut chasser les ténèbres.


Un lecteur du blog nous a envoyé un passage de sa discussion avec un homme de gauche honnête. Dans sa réponse cet homme de gauche définit lui-même, sans le dire explicitement, ce qu’est la gauche :

« Par rapport à ta dernière phrase, on en revient à ce que je disais tout à l’heure : tu penses toujours en termes de société et/ou de système, en fait tu ne conçois l’homme qu’au travers de sa place dans l’organisation, comme acteur social, bref t’as une approche qui est toujours très proche de celle des sociologues, alors que moi je ne me pose pas la question : peut-on fonder une société sur l’individualisme ? Sans nier la sociologie comme outil de compréhension, je pars toujours de l’individu. Pour moi la question fondamentale est : comment l’individu peut-il faire pour, au choix, exister, être libre, être libre avec les autres, être heureux, etc… Toi tu te demandes « quel est le meilleur type de société ? » en gros… Ce à quoi je te répondrai, indépendamment des systèmes politiques, que l’individu est au coeur de la société, qu’elle n’existe que par le biais des interactions entre les individus, et que donc l’individu peut, car il est doté de la capacité de choisir cad qu’il est libre malgré lui, changer la société, la refuser, la fuir, en créer une autre, y adhérer, vivre en son sein tout en en relativisant la portée, les codes, les symboles ridicules (drapeau, patrie, tout cela n’a pas de sens)

Et la question de l’enracinement, si on la comprend comme « se revendiquer d’un ensemble territorial-linguistique-culturel » comme certains français ou bretons ou topinambours qui se disent fiers d’être français, bretons ou tubercule personnellement j’ai toujours trouvé que ça n’avait strictement aucun sens : dans une perspective athée, on naît au hasard quelque part, sans que cela résulte d’un choix, donc c’est idiot de porter ses « racines » comme un étendard : de toutes façons tu n’en as pas d’autres, et tu ne les as même pas choisies »


Dans une discussion, un ami nous décrit son état d’esprit quand il était de gauche :

« Avant je voulais que la France devienne l’Afrique purement et simplement. Normal je vivais en cité. »

Cet état d’esprit est le produit direct de la philosophie de gauche. Cet exemple montre bien que la gauche est l’anti-France. Aujourd’hui, après une phase de dégauchisation de son esprit, notre ami ne pense plus du tout comme cela et se demande même comment il a pu adhérer à un tel positionnement masochiste.

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