La Gauche détruit l’intelligence

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Extrait du livre « Né en 1984 » d’Adrien Abauzit :

« Abrutissement
Racines anthropologiques et expression de la bêtise contemporaine

Tout observateur attentif du discours médiatique aura noté que la bêtise trouve son principal vecteur dans un moralisme bêlant souvent proche de la mièvrerie adolescente. René Guénon nous apprend que « moralisme » et bêtise sont liés. Selon lui, et nous le suivons, la civilisation occidentale, depuis la Renaissance, n’a cherché à se développer que dans les domaines purement matériels (d’où notre incroyable niveau de technologie), délaissant l’aspect spirituel de l’intellect (d’où BHL, Secret Story, les supporters de foot, …). De ce phénomène découle une baisse de l’intellectualité qui laisse chez l’individu contemporain une plus grande place au sentimentalisme (et non au sentiment, le sentimentalisme étant une déréglementation des sentiments). Matière et sentimentalisme vont de pair, l’un suivant l’autre, tous deux relevant de l’ordre sensible, soit tout ce qui se rattache aux cinq sens.

Voyons comment s’exprime ce moralisme. Soyons précis sur le sens des mots : est entendu comme moralisme « la tendance à tout ramener à des préoccupations d’ordre moral », toujours selon René Guénon.

Prenons les exemples de l’Union Européenne, de la mondialisation néolibérale et de l’immigration. Ces questions économiques sont abordées et traitées dans le débat public comme des problèmes moraux.

Le combat contre l’Union Européenne est une lutte contre une machine de guerre néolibérale. Mais la pensée officielle feint d’y voir un réflexe nationaliste de xénophobe.

De même, être hostile à la mondialisation néolibérale serait une preuve de repli sur soi. Qu’importe s’il s’agit en réalité de sauver les restes de notre prospérité des ultimes appétits du libre-échange.

Enfin, et pire encore, être en faveur d’une restriction des flux migratoires, c’est être possiblement l’objet d’une accusation de racisme, alors que le but d’une telle position n’est en fait rien d’autre que l’annihilation d’une phénomène tirant les salaires vers le bas et d’une stratégie de division du peuple lancée par l’oligarchie. On le voit : toutes les armes du capital sont maquillées de moralisme.

Dorénavant, lorsque le lecteur verra une once de moralisme pointer son nez, il saura qu’il a face à lui une entreprise de mystification destinée à le prendre pour un imbécile. »

Article intitulé « Être de gauche rend complètement con ! » d’Adrien Abauzit sur lagauchematuer.fr :

« Puceaux du réel, crasseux en tout genre, punks à chiens, têtes à claques du MJS, étudiants bourgeois syndiqués à l’UNEF par complexe de classe, enseignants bobos malmenés par leurs élèves autrichiens, intellectuels ringards type BHL, acteurs de cinéma donneurs de leçons de morale type Jamel Debbouze, ou animateurs de Canal plus, assurément, les diverses figures de la gauche militante et revendicatrice font peine à voir et à entendre.

Tout esprit sain ne peut manquer d’être heurté par la stupidité inouïe de leur logiciel intellectuel. L’immigration ? Une chance pour la France. Un entrepreneur ? Un tortionnaire, forcément. L’impôt ? C’est un devoir de le payer, sauf pour les clientèles de la gauche. Les racailles ? Des victimes. La France ? Un pays de racistes. La religion ? Une aliénation. Le racisme anti-blanc ? Une invention de l’extrême droâte. La préférence nationale ? Un réflexe fasciste. Les policiers ? Des salauds, sauf lorsqu’il s’agît de réprimer le pays réel, notamment lorsque celui-ci manifeste pour l’honneur des familles de France. La liberté d’expression ? Un excellent principe, mais à réserver au camp de la gauche. La droite ? Une extrême-droâte qui ne s’assume pas. L’extrême droâte ? Des fachos pardi !

Chacun conviendra qu’il faut être un parfait crétin pour adhérer à une doctrine aussi idiote et détachée de la réalité. Comment en est-on alors arrivé là ? Comment la gauche a-t-elle fait pour abrutir à ce point ses partisans ?

Pour le comprendre, il nous est nécessaire de revenir à l’ADN de la gauche, à savoir la philosophie des Lumières. Cette philosophie a pour objet de créer un homme nouveau par l’abolition du passé. Ainsi, tout ce qui a été transmis par le passé a vocation à disparaître. Dans cette vaste table rase, la religion devait également être emportée. La gauche a donc tout fait pour détourner les Français de la religion. La nature cependant a horreur du vide. Les hommes de gauche qui ont adhéré à cette vision du monde n’ont pas abandonné leur religiosité. Seulement, ils ont remplacé une religiosité fondée sur les religions traditionnelles par une religiosité fondée par des concepts politiques.

Pour l’homme de gauche, ses opinions ne sont pas seulement des opinions, ce sont aussi des dogmes. Nous arrivons là au cœur de notre problème.

L’homme de gauche authentique présente de nombreux signes analogues à ceux que l’on retrouve chez un fanatique religieux, car il aborde la politique à travers un prisme purement religieux. L’adhésion à un logiciel politique de gauche conduit à terme à une véritable suspension de la raison. Le militant de gauche n’est pas amené à réfléchir, il est sommé de croire à des dogmes. D’ailleurs, malgré toutes ses déclarations d’amour à la démocratie, la gauche ne supporte pas le débat. La gauche est sectaire : de même qu’un fanatique religieux ne supporte pas que l’on soit d’une religion différente de la sienne, l’homme de gauche ne supporte pas que l’on pense différemment de lui.

La gauche rend ses troupes stupides car elle les oblige à croire à des dogmes religieux, présentés en tant qu’arguments politiques, qui défient le bon sens. La maxime bobo en vertu de laquelle l’immigration est une chance pour la France est à cet égard significative.

Bien entendu, nous ne prétendons pas que les militants de la droite légale et de la droite réelle soient tous de brillants esprits. Néanmoins, avec eux, le dialogue est possible. Ils ne sont pas sous l’effet d’une suspension de leur raison. Leur esprit est beaucoup moins structuré par un surmoi politiquement correct et par des réflexes pavloviens.

Au final, résumons notre propos : la gauche rend bête car elle suspend la raison et enjoint d’ériger en dogme, puis de croire, à des maximes défiant le bon sens. »

Article intitulé « La gauche rend con et l’affaire Zemmour le démontre » d’Adrien Abauzit sur lagauchematuer.fr :

« Il y a plusieurs semaines de cela, nous expliquions scientifiquement pourquoi la gauche rend complètement stupides ceux qui adhèrent à ses dogmes.

L’affaire Zemmour vient parfaitement illustrer notre propos d’alors.

Résumons les faits : Zemmour a été condamné par l’Antifrance pour avoir prononcé des paroles qu’il n’a pas prononcées. A défaut de l’avoir dit, Zemmour est suspecté de vouloir déporter les musulmans présents en France.

Ces accusations, d’autres l’ont dit avant nous, sont purement grotesques. Accuser Zemmour de vouloir déporter les musulmans présents en France sur la base de l’entretien donné le 30 octobre 2014 au Corriere della Serra, n’est pas crédible, puisque les exemples historiques cités par l’intéressé, ceux des Pieds noirs et des Allemands d’Europe de l’Est fuyant l’Armée rouge, ne sont pas des cas de déportations mais de départs volontaires.

Ainsi, il faut être d’une parfaite mauvaise foi pour soutenir que Zemmour ait préconisé la déportation des musulmans de France.

Ceci étant, quels sont les enseignements que l’on peut tirer de l’affaire Zemmour ?

Les journalistes des médias « traditionnels » sont des agents de propagande de la gauche

La société des « journalistes » de RTL a tenu à se désolidariser de Zemmour au motif qu’il ternissait les valeurs de « vivre-ensemble défendues par RTL ». C’est dire avec d’autres mots que Zemmour est coupable de tenir un discours trop éloigné de l’idéologie dominante que l’on propage derrière une posture de neutralité.

C’est confesser sans s’en rendre compte que RTL est une machine à propagande politiquement correcte. Nous remercions la société des journalistes de RTL de sa franchise.

Piqure de rappel : le sectarisme de la gauche

Non contents du fait que 99 % des médias tirent tous dans la même direction, les sbires de la gôgoche ont décrété que Zemmour devait être interdit d’antenne.

Enième confirmation que la gauche, malgré ses leçons de morale dispensées à longueur de journée, est incroyablement sectaire, ne tolérant pas toute pensée différente de la sienne.

Une nouvelle fois, la gauche a démontré que la notion de pluralisme lui est totalement étrangère.

La gauche stresse

La panique qui s’est emparée des différents acteurs de gauche, des politiciens socialistes aux associations antiracistes, en passant par les divers pitres médiatiques et autres sous-intellectuels, est le signe que la gauche a pleinement conscience de son recul idéologique dans l’esprit des Français.

Tel est d’ailleurs le crime véritablement reproché à Zemmour : avoir contribué à l’ultra-droitisation du peuple de France.

De fait, face aux ravages du mondialisme, le peuple français est actuellement traversé par une dynamique de droitisation, pendant que notre classe politique, FN compris, ne cesse de se gauchiser.

Lucide, l’Antifrance sent venir sa chute. Sa réaction aussi maladroite que malhonnête, destinée à faire taire une bonne fois pour toute Zemmour, en atteste.

Diaboliser le projet de remigration

Si la gauche a mis en branle l’artillerie médiatico-politique contre Zemmour, c’est peut-être, avant tout, pour profiter du scandale artificiellement créé pour diaboliser par extension la perspective de remigration des immigrés et des Français administratifs dans leur pays d’origine.

Fille aînée des Lumières, la gauche a pour objectif de créer un homme nouveau par l’abolition du passé. Défranciser est donc pour elle un impératif. Pour cela, existent différents leviers. Le plus puissant d’entre eux est assurément la contrecolonisation.

Les années passant, il apparaît de plus en plus clairement que la France ne peut pas survivre en tant que France avec près de 15 millions d’Austro-hongrois sur son sol. Rappelons qu’en France, 35 % des naissances sont d’origine austro-hongroises.

La remigration des Austro-hongrois qui ne se sont pas francisés, soit à l’heure actuelle une forte majorité, sera une nécessité vitale. Les cerveaux violés par la gogôche et autres tartuffes peuvent se donner bonne conscience en faisant semblant de l’ignorer, mais l’Histoire, implacablement, le leur rappellera. Le lavage de cerveau politiquement correct et la propagande « vivre-ensembliste » chère aux journalistes de RTL ne pourra rien face au torrent annoncé. »

Gustave Le Bon dans « La Révolution française et la psychologie des révolutions » :

« La mentalité jacobine se rencontre surtout chez les caractères passionnés et bornés. Elle implique, en effet, une pensée étroite et rigide, rendant inaccessible à toute critique, à toute considération étrangère à la foi. Les éléments mystiques et affectifs qui dominent l’âme du jacobin le condamnent à un extrême simplisme. Ne saisissant que les relations superficielles des choses, rien ne l’empêche de prendre pour des réalités les images chimériques nées dans son esprit. Les enchaînements des phénomènes et leurs conséquences lui échappent. Jamais il ne détourne les yeux de son rêve. »

Extrait de « L’idéalisme et le désordre moderne » (1961) de Jean Daujat qui décrit bien la pensée de gauche et les cas pathologiques auxquels elle aboutit dans certains cas :

« L’intelligence de l’homme est, spontanément, adaptée à connaître le réel. A force de le refuser, pour se replier sur elle-même, elle en est arrivée à fonctionner à vide sur ses propres constructions. Une lente imprégnation de l’homme moderne par l’idéalisme régnant a fini par modifier sa psychologie et par le désaccorder du réel. L’homme contemporain souffre d’une véritable maladie psychique : il s’enferme en lui-même et crée des mythes, des idéologies, des fabrications de son esprit.
C’est d’ailleurs un fait connu que chaque année augmente d’une manière inquiétante le nombre des fous, des névrosés, des déséquilibrés. Les psychiatres reconnaissent que la plupart des maladies mentales ont leur source dans une rupture avec le réel. Mais il faut prendre conscience que ces cas pathologiques reconnus ne sont qu’une aggravation de plus en plus fréquente d’un état pathologique général de l’humanité contemporaine : la majorité de nos contemporains souffrent sans le savoir d’une telle désadaptation. »

Extrait du livre « L’intelligence en péril de mort » du philosophe Marcel de Corte :

« L’intelligence s’est invertie. Au lieu de se conformer au réel, elle a voulu que le réel se conforme à ses injonctions. Mais comme il faut en l’occurrence violenter la nature pour arriver à cette fin, il a fallu que l’intelligence s’altère au point de se soumettre complètement aux puissances de l’imagination, seule faculté capable en nous de construire un autre monde qui supplanterait le monde réel et qui, étant l’œuvre de l’homme, serait totalement soumis à l’homme. »


Un exemple qui illustre la corrélation entre gauchisation de l’esprit et dégradation intellectuelle :

L’amiral Auphan montre comment certains historiens expliquent la « Révolution Nationale » du Maréchal Pétain. Henri Michel était socialiste, Jacques Chastenet était un républicain, René Rémond était démocrate-chrétien, Robert Aron, le plus honnête et le plus juste, était semble t-il plus pétrit d’histoire de France :

« Mais était-il possible de garder une apparence de vie parlementaire si l’on voulait redonner aux Français courage et confiance ? Une immense colère dressait sans nuance la population contre les institutions, les méthodes, les partis, les hommes qui avaient conduit le pays au désastre[1]. Le redressement moral était conditionné par un minimum de sanctions et de mesures du genre de celles que nous avons citées. Si le gouvernement n’avait pas pris ces mesures et en quelque sorte « brûlé ses vaisseaux », personne n’aurait cru à ce qu’on a appelé la « révolution nationale ».

Quand les historiens de cette époque arrivent à ce mot, ils cherchent chacun selon son tempérament, à en définir le sens et le contenu. Il serait intéressant de pouvoir les citer tous. Nous n’en mentionnerons que trois ou quatre, au hasard de la lecture.

Historien quasi officiel de la Seconde Guerre mondiale, M. Henri Michel écrit : « Pour « rénover » la France, et dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces de Hitler, le gouvernement de Vichy va décider un certain nombre de réformes, dont quelques-unes d’inspiration fasciste, qu’il baptise « révolution nationale[2]. » 

Il nous semble difficile d’être aussi partial et aussi injuste. Ce n’est pas le gouvernement de Vichy qui a, le premier, parlé de révolution nationale : c’est, nous l’avons vu, l’exposé des motifs de la loi constitutionnelle du 10 juillet, votée massivement par le dernier parlement de la IIIe République. Quant à dire que c’est pour faire plaisir à Hitler qu’on a réformé les institutions, c’est une idée certes conforme aux thèses en cours depuis la Libération pour discréditer les réformateurs de Vichy, mais c’est une idée fausse ou pour le moins, une idée qui n’est étayée par aucune preuve. Que, comme toute œuvre humaine, la Révolution nationale ait eu ses excès, ses abus, voire ses erreurs, ce n’est pas douteux. Mais aucun de ses initiateurs ou de ses militants n’a eu pour dessin de « s’attirer les bonnes grâces de Hitler ». On a toujours le droit de porter sur les faits un jugement, mais on disqualifie l’ensemble de son œuvre quand on substitue son seul jugement aux faits.

M. René Rémond, dans son histoire de La Droite en France, commence par contredire M. Henri Michel à propos de l’influence que le fascisme aurait eue sur la Révolution nationale. Mais ce n’est pas pour arriver, à notre avis, à une conclusion meilleure. Voici son texte :

« Ainsi se dessine la vraie nature de la Révolution nationale. Ce n’est pas le fascisme ; c’en est même le contraire, s’il est vrai que le fascisme prend son point de départ dans une réaction contre l’ordre établi. C’est à peine le nationalisme : plutôt un patriotisme d’ancien régime confondu avec le loyalisme à l’égard du souverain. C’est la conservation triomphante, la réaction à l’état pur : un mélange de paternalisme, de cléricalisme, de moralisme, de militarisme et de scoutisme… C’est une brusque et anachronique remontée du passé : Vichy, c’est l’antimodernisme érigé en système social et en morale de gouvernement[3]. »

Nous ne faisons pas au professeur René Rémond l’injure de croire qu’il ne saurait pas ce que c’est que le modernisme, ni que tous les prêtres depuis Pie X jusqu’à des temps récents devraient obligatoirement prêter un serment antimoderniste , de sorte que ce qualificatif, péjoratif sous sa plume, constituerait au contraire pour Vichy un brevet d’orthodoxie mentale… Il a sans doute simplement voulu dire, pour ponctuer sa tirade, que le gouvernement de Vichy n’a pas été assez moderne, pas assez « dans le vent », qu’il a même été « contre le vent », ce qui ne serait pas si mal vu s’ils avait commencé par définir en quoi consiste ce fameux vent : nous le dirons nous-même plus loin en expliquant contre quoi, en effet, Vichy a été une réaction.

Avec un aimable scepticisme, M. Jacques Chastenet résume ainsi la Révolution nationale : « On lit dans un rapport de préfet le mot qui circule pour définir la prétendue Révolution nationale : « Bibliothèque rose, terreur blanche, marché noir[4]. » L’ironie en matière de jugement est toujours permise et amusante. Mais pour savoir ce qui s’est réellement passé et en quoi consistait cette fameuse révolution, le lecteur reste sur sa faim.

M. Robert Aron a cherché honnêtement, loyalement, savamment les sources philosophiques et politiques de la Révolution nationale. Il braque successivement son projecteur sur le nationalisme, le maurrassisme, le personnalisme, le préexistentialisme politique, il cite des noms et des titres de périodiques mêlés avant la guerre au mouvement des idées. Tout cela n’est pas faux, mais reste beaucoup trop sur plan de pur intellectualisme. Sans doute on voyait à Vichy des intellectuels papillonner autour du gouvernement. Mais la plupart des hommes qui ont amorcé le redressement moral de la France et réalisé les réformes dont nous parlerons au chapitre suivant étaient plus, comme le Maréchal lui-même, des hommes d’action que des intellectuels ou des penseurs. Ils auraient été bien étonnés d’apprendre les noms de tous ces systèmes qui auraient engendré leurs décisions. »

L’amiral Auphan explique ensuite ce qu’il en est vraiment :

« La Révolution nationale a été quelque chose de beaucoup plus empirique, jailli, sous le coup de la défaite, du tréfonds de la conscience nationale. Si Robert Aron a le courage d’affirmer, contrairement à tant d’autres, que ses sources ont été uniquement françaises, il ne paraît pas en avoir senti toute la profondeur, quoiqu’il ait « brûlé » quand il a reproduit, sans la faire sienne, cette définition : « La Révolution nationale, à en croire le Maréchal, présente un double caractère. Spirituellement, elle se réclame de la civilisation chrétienne. Politiquement, elle réagit contre les conceptions démocratiques de la Troisième République. »

Pour comprendre ce que l’expression a recouvert, il faut aller chercher sous l’écorce des événements la sève qui les produit.

Une révolution, dans le sens de rénovation où le Maréchal l’entendait, est un changement radical dans la manière de penser individuelle et collective entraînant changement des mœurs et des institutions.

La France de la IIIe République était façonnée par les idées de la Révolution française dont on peut dire que l’essence avait été la séparation des structures politico-sociales d’avec la loi naturelle selon laquelle l’homme est une créature subordonnée à un Créateur. Le laïcisme n’est pas autre chose qu’une prétention à organiser la société humaine sans référence à Dieu. Ce serait une « abdication », a écrit un de ses prophètes, que de « s’en rapporter à une puissance spirituelle à l’homme ».

Cette manière de penser avait eu dans nos institutions des conséquences : l’autorité, ne venant plus de Dieu, était réputée prendre sa source dans le peuple ; la loi visait moins au bien commun qu’à satisfaire la majorité ; les hommes n’ayant plus chacun leur vocation et leurs « talents » respectifs dans le divin, il n’y avait pas de hiérarchie dans les responsabilités ; l’école publique ignorant Dieu, la morale manquait de base et chacun pouvait faire ce qu’il voulait dans la limite d’une loi qui avait surtout pour but de garantir à tous la même licence ; les mots (liberté, égalité, fraternité, par exemple) prenaient une coloration différente de celle qu’ils auraient eue dans une optique chrétienne…

La masse ne se rendait pas compte de l’origine lointaine des habitudes qu’elle avait ainsi prises. C’était à l’élite à l’en sortir.

La Révolution nationale a exprimé la volonté confuse, presque inconsciente, de la majorité des Français, de se soustraire aux abstractions qui étaient liées dans leur esprit à la défaite, et de s’accrocher au réel, comme un noyé à une bouée de sauvetage. Elle a été un mouvement spontané contre-révolutionnaire (au sens que Joseph de Maistre donnait à ce mot) jailli du vieux fonds français et plus ou moins maladroit, mais qui, tout de même, malgré le handicap de l’occupation, a failli faire réussir si bien que les tenants du sectarisme démocratique en tremblent encore d’effroi et s’efforcent de faire perdre le souvenir même de ce précédent en l’enterrant dans une histoire falsifiée. »

[1] Le 26 août 1941 l’ambassadeur américain à Vichy écrivait : « Je n’ai pas trouvé un seul Français pour me parler en bien du gouvernement d’avant la guerre, qui est universellement rendu responsable de la défaite. »

[2] Henri MICHEL : La Seconde Guerre mondiale, tome I, page 195.

[3] René RÉMOND : La Droite en France, page 250.

[4] Jacques CHASTENET : De Pétain à de Gaulle, page 60.

On observe ici que l’historien socialiste Henri Michel est à coté de la plaque avec son vocabulaire idiot de gauche et que l’historien républicain Jacques Chastenet ne fait pas de l’histoire dans son « explication ». Ensuite on passe au démocrate-chrétien René Rémond (donc on vire un peu plus vers la droite) : c’est plus honnête mais orienté selon des vues gauchisantes (donc pas représentatives du réel) et avec un léger discrédit. En bon démocrate-chrétien, il ne comprend pas l’aspect chrétien justement. Ensuite, Robert Aron qui semble plus francisé, arrive mieux à comprendre et sans discrédit. Enfin, quand on passe à l’amiral Auphan, homme de droite catholique bien formé, tout s’éclaire et la réalité profonde est enfin décrite avec justesse.

Ceci n’est qu’un exemple, mais il correspond à une logique qui revient de manière récurrente : plus l’esprit se gauchise, plus on sombre dans la bêtise.

Un autre exemple sur le même thème :

Le sujet concerne le personnel du gouvernement de Vichy :

L’historien de gauche Daniele Ganser :

« Tandis que les sympathisants de l’extrême droite au sein de l’armée et des élites politiques, partisans du maréchal Philippe Pétain, pactisaient avec l’occupant et installaient un gouvernement de collaboration à Vichy, le général Charles de Gaulle se réfugia à Londres et déclara aux Français qu’il représentait l’unique gouvernement légitime de la France. » (Les armées secrètes de l’OTAN)

L’historien de droite Patrick Buisson :

« La première divise les équipes dirigeantes de Vichy. Deux courants ne cessent de s’y affronter : d’un côté, la droite conservatrice et cléricale désireuse d’en finir avec la démocratie républicaine ; de l’autre, un courant fasciste fasciné par le modèle allemand, souvent encadré par des personnalités venues de la gauche socialiste et communiste. » (1940-1945, années érotiques : Vichy ou les infortunes de la vertu)

Ganser, en plus de répéter la propagande débile sur le sujet, englobe toutes les personnes à Vichy sous le vocable « extrême droite » (typique dans la pensée binaire de gauche) sachant qu’il y avait aussi des gens de gauche.

Buisson comprend la réalité et ses nuances sans bêtise et sans discrédit.

Ce genre d’exemple montre que le clivage gauche/droite s’observe profondément sur la pensée. Et l’incapacité de la pensée de gauche à comprendre est récurrente.


Un exemple concernant l’histoire de la Révolution de 1789 :

Retranscription d’un extrait du Libre journal des débats du 13 septembre 2017 sur Radio Courtoisie consacré à la Terreur et dans lequel l’historien de droite catholique Philippe Pichot-Bravard débattait avec l’historien jacobin Jean-Clément Martin :

Philippe Pichot-Bravard : Dans les archives parlementaires, il y a tout de même des éléments intéressants qui touchent aux éléments de langage, à la mentalité, à l’univers mental, et qui révèlent ce que souhaitent faire les grands révolutionnaires, pas tant dans la tactique qui d’ailleurs en soi perd un petit peu de son intérêt à deux siècles de distance, mais en tout cas pour certains éléments, pour certains faits, mais intéressant quant au projet global, qui est la volonté de bouleverser la société, de régénérer, le terme est omniprésent dans le discours, régénérer la société, c’est-à-dire faire table rase de ce qui existe, des institutions, du droit, et bâtir à partir d’idées un monde nouveau et un Homme nouveau compatible avec cette société nouvelle. Et là nous avons un projet extrêmement intéressant et dont la mise en œuvre déborde largement du cadre chronologique puisqu’à certains égards nous sommes toujours dans l’actualité à cet égard, dans cette idée de transformation de la société régulièrement sous une forme ou sous une autre, il est question de cette transformation de la société.

Présentateur : On ne compte plus les historiens qui mettent « c’est la révolution qui continue » comme analyse…

Philippe Pichot-Bravard : Voilà. Et là on voit à quel point la Révolution est un moment particulièrement décisif parce que tout notre monde contemporain en découle.

[…]

Jean-Clément Martin : Avec un petit mot, je voudrais revenir un petit peu sur ce que disait Monsieur Pichot. Je crois que nous avons là un grave désaccord, mais on pouvait s’en douter. Je pars un peu à l’envers de vous au sens où je ne vois pas dans la Révolution un projet global, mais pas du tout. Je vois effectivement qu’il y a bien eu un élan général puisque le mot régénérer auquel vous faites allusion – et vous avez raison – était employé aussi par Louis XVI et par une partie de la cour ; donc on est dans un courant général. Ce courant général qui n’a absolument rien maîtrisé, qui n’a absolument rien préparé, qui n’a absolument rien compris à ce qui se passe et qui est incapable de répondre à l’effondrement complet des structures administratives et politiques de la Monarchie dès 1788. Car c’est ça le fond de l’histoire.

Philippe Pichot-Bravard : 88, 89

Jean-Clément Martin : Moi je dis 1787 même à la fin. Les grandes émeutes de Paris, c’est 1787. Bon, 1788, ça s’aggrave beaucoup. Janvier-mars 1789, les structures ont éclaté.

Philippe Pichot-Bravard : Mais la Monarchie administrative s’effondre au cours de l’été, quand les intendants abandonnent leur poste, effrayés par la tête de Bertier de Sauvigny.

Jean-Clément Martin : Tout à fait, on est bien d’accord. Et là les gens qui sont dans des assemblées et qu’on ne peut pas appeler révolutionnaires, parce qu’eux même n’imaginent même pas qu’ils peuvent être révolutionnaires, ça leur viendrait pas à l’esprit. Ces gens-là courent après littéralement ces insurrections rurales et urbaines qu’on oublie tout le temps et essaient de faire ce qu’ils peuvent comme ils le peuvent, et c’est dans ce jeu-là où ils ont du sable sous les pieds en quelque sorte, qu’il y a ce grand ébranlement qu’ils ne contrôlent pas jusqu’en octobre 1789… bon on ne va pas refaire toute l’Histoire. Il me semble que, si vous voulez, comme vous parlez de table rase, moi j’ai l’impression au contraire qu’il y a eu tellement de liens entre 1786, 87, et 1790. 91-92, je vous l’accorderai volontiers, c’est vraiment la Révolution. 92, c’est clairement la Révolution. 89-90, après tout, les départements s’étaient déjà envisagés par la Monarchie dans les départements des finances.

Philippe Pichot-Bravard : Mais lorsqu’on lit les débats qui ont présidés à la définition des départements,  il y a là aussi une volonté de table rase, c’est-à-dire qu’on veut détruire l’esprit des provinces.

Jean-Clément Martin : Mais de fait, c’est pas vrai, vous avez raison, il y a ces débats complètement idiots…

Philippe Pichot-Bravard : Et tous ceux qui proposent des projets alternatifs qui pourraient ressembler à ce qui existait avant, c’est-à-dire des départements qui épousent la carte des anciennes généralités, on écarte ça.

Jean-Clément Martin : Oh, je ne suis pas d’accord. Regardez la Bretagne… Vous étiez à La-Roche-sur-Yon.

Philippe Pichot-Bravard : C’est une exception !

Jean-Clément Martin : Ah non, il y en a bien d’autres !

Philippe Pichot-Bravard : Il y a la Normandie qu’on divise en cinq mais alors après, on prend soin de ne pas respecter les anciennes réalités.

Jean-Clément Martin : Si vous voulez, mais en même temps on reste dans les conflits locaux, on le sait bien… on n’est pas dans un esprit abstrait. L’esprit abstrait, il y en a quelques-uns qui l’avaient porté et abandonnés… On s’éloigne…

Philippe Pichot-Bravard voit et comprend le caractère idéologique de la Révolution, son véritable fond, le moteur qui l’anime par-delà la diversité des tendances politiques, des personnalités et des évènements.

Jean-Clément Martin, englué dans la matière, ne voit pas ce caractère idéologique propre à la Révolution et qui ouvre les temps modernes – alors qu’il en est pourtant l’héritier. Curieusement, il ne semble pas comprendre que la Révolution est la mise en pratique des Lumières, qui elles-mêmes découlent d’un long processus. Il est donc logique que l’on parle de « régénération » à la cour du roi juste avant la Révolution. Les idées existent et sont théorisées avant 1789, mais elles ne sont mises en pratique politiquement qu’à partir de 1789, avec la volonté de renverser l’ordre chrétien et de créer un homme nouveau et une société nouvelle basée sur la notion de Liberté.
Jean-Clément Martin nous dit que « 92, c’est clairement la Révolution » et pas vraiment en 1789. La Révolution est faite le 17 juin 1789 quand le Tiers état se proclame Assemblée nationale. L’autorité du roi, lieutenant du Christ, est renversée. La souveraineté est transférée du roi à la Nation. C’est le renversement de l’ordre chrétien pour y faire régner l’Homme à la place de Dieu. Mais Jean-Clément Martin, en bon homme de gauche, ne voit que les aspects bassement matériels et devient incapable de saisir la nature de la Révolution. Même derrière la mise en place des départements, ils ne semble pas saisir le moteur idéologique qui s’y trouve, contrairement à Philippe Pichot-Bravard. On voit ici que la qualité d’historien n’est pas forcément un gage de vérité et de compréhension historiques des évènements. Ce qui importe est de savoir comment est façonné l’esprit de l’historien.

Cette différence de profondeur et de hauteur intellectuelles entre l’esprit de droite et l’esprit de gauche s’observe partout ailleurs.

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