L’idéologie du Progrès

progres

La notion de progrès est au cœur de la pensée de gauche. Cependant, ce mot est utilisé pour désigner des éléments différents.

Le sens classique du mot désigne une marche où toute nouvelle situation est qualitativement supérieure à l’ancienne situation.

Mais la gauche propage une confusion dans les sens du mot « progrès ». Elle confond son idéologie du Progrès qui lui est propre avec le sens classique du mot.

Le sens du mot « progrès » dont parle la gauche est définit par Yves-Marie Adeline : « C’est ainsi qu’elle [la gauche, ndlr] définit le progrès : gagner et accumuler toujours plus de liberté individuelle, d’indépendance. On accède alors à l’âge de raison, à la maturité, à cette suprême dignité de l’homme qui le conduit à ne plus dépendre d’aucun maître, ni d’aucun dieu : « ni dieu ni maître », écrivait Blanqui. »

Cette liberté dont parle Yves-Marie Adeline doit être entendue au sens de la pensée de gauche :

« Avant même d’être l’expression d’une revendication sociale, la gauche est essentiellement l’exaltation de l’indépendance, de la liberté de décider soi-même – ou du moins collectivement, parce que l’individualisme absolu, l’anarchie, est impraticable – ce qui est bien ou mal, de ce qui est moral ou immoral. En un mot, chacun doit pouvoir être garant de sa propre détermination morale personnelle. En refusant toute espèce d’autorité transcendante qui ferait interférence, chacun devient son propre centre, sa propre référence.

La droite insiste sur des « obligations » : ob-ligere, un lien qui nous attache à quelque chose – ou quelqu’un – de supérieur. Cet attachement, la gauche le regarde comme une contrainte, dans la mesure où il relève précisément d’une obligation, et n’est pas issu d’un libre choix. Cette idée peut aller très loin, et produire les secousses les plus profondes, par exemple dans la révolution des mœurs. Je me souviens d’un livre intitulé La mal-mère, dans lequel l’auteur féminin s’insurgeait contre le principe d’un devoir d’amour maternel, de l’amour maternel dû à l’enfant. Pourquoi ce devoir ? Elle réclamait le droit de choisir, d’exercer sa liberté, son indépendance. Voilà une pensée caractéristique de la gauche, poussée vers ses conséquences ultimes.

Voilà la différence essentielle entre la droite et la gauche. La droite croit en des valeurs transcendantes, qui échappent à notre arbitrage ; des valeurs supérieures qu’aucune loi humaine, aucun consensus même, ne saurait légitimement contre-dire. C’est la fameuse querelle entre Antigone et Créon, tyran de Thèbes : Antigone se dresse contre l’édit de Créon, qui est pourtant une mesure légale, au nom de principes non formulés dans aucune loi, mais qu’il convient de respecter en vertu d’une sorte de morale naturelle. » (Yves-Marie Adeline)

L’idéologie du Progrès de la gauche est le processus de « libération » de l’individu, entendue au sens de la pensée de gauche, qui est perçu comme une marche vers un perfectionnement de l’Homme où chaque nouvelle étape franchit serait qualitativement supérieure aux étapes qui l’ont précédés et dont « aucune loi, aucune institution qui y ferait obstacle ne peut trouver grâce à ses yeux ». C’est dans le fond le processus qui fait de l’homme son propre souverain, son propre dieu. C’est la mise en application de l’idéologie des Lumières. C’est pour cela que l’on parle de progressisme pour parler de la gauche.

Mais cette idéologie est confondue avec le sens classique de la notion de progrès, comme par exemple le progrès technique qui est un processus naturel d’amélioration résultant de l’accumulation de l’expérience du passé :

« Le mythe du progrès trouve une apparence de confirmation dans l’approfondissement des connaissances scientifiques et le perfectionnement des techniques. Mais, s’il paraît évident qu’un ordinateur se montre plus « performant » qu’un boulier, ce progrès technique n’implique nullement le Progrès de l’humanité. Les progrès matériels et scientifiques proviennent, non pas d’une amélioration des capacités humaines, mais seulement du bénéfice que tirent les nouvelles générations de l’accumulation des travaux de leurs ancêtres : nous l’avons dit ailleurs, nos prix Nobel, s’ils avaient vécu à l’époque de Cro-Magnon, n’auraient rien fait d’autre que de tailler des silex. Ce ne sont pas les horreurs et les perversions de l’Histoire contemporaine qui nous convaincront que l’Homme progresse, qu’il avance dans la voie de la perfection. » (Lecture et Tradition, Janvier-Février 1989)

Cette idéologie de gauche a ensuite été légitimé « scientifiquement » par la théorie évolutionniste :

« Nous ne pourrions mieux introduire notre travail qu’avec ces phrases du professeur Bounoure : « Le plus bel exemple de système a priori pseudo-scientifique est fourni par la théorie évolutionniste. L’évolution biologique n’est qu’un mythe entièrement illusoire. Ce qui est grave, c’est que la conception évolutionniste a envahi tous les champs de la connaissance humaine en se confondant avec le mythe du progrès ».
De fait, mythe du progrès et évolutionnisme constituent les deux béquilles qui soutiennent toutes les idéologies modernes issues de ce que nous avons appelé « le deuxième étendard » Qui plus est, ces deux béquilles s’appuient l’une sur l’autre, formant une pétition de principe réciproque : l’évolutionnisme prouve le progrès, le progrès prouve l’évolutionnisme (qui est une évolution progressive).
 » (Lecture et Tradition, Janvier-Février 1989)

Pour résumer :

– Le progrès, c’est une amélioration. Les effets spéciaux des films d’aujourd’hui sont mieux fait que ceux des films des années 80. Il y a progrès.
– L’idéologie du Progrès, c’est l’Homme qui marche vers son auto-détermination totale et qui est assimilé à une amélioration. Si je suis plus « libre » alors c’est mieux.

Dans notre société de gauche, c’est bien quand on manifeste sa liberté (au sens de la gauche), et c’est mieux quand on fait avancer cette liberté. Dans le même temps, cela témoignerait du bon fonctionnement de notre raison en nous dégageant des « préjugés », des « déterminismes » ou des normes qui entraveraient la liberté. Cela nous conduirait à l’avènement du règne de la raison. On serait donc plus intelligent (en théorie). D’où le mépris de la gauche pour ceux qui ne la suivent pas.

C’est l’idéologie du Progrès de la gauche qui fait dire à Nicolas Gomez Davila : « Le Progrès se réduit finalement à voler à l’homme ce qui l’ennoblit, pour pouvoir lui vendre au rabais ce qui l’avilit.« 

Aller à l’encontre de cette idéologie de la gauche est déclaré « réactionnaire » par celle-ci. Le mot a une connotation péjorative et désigne une régression dans l’esprit de gauche.

Quelques exemples de la marche actuelle du « Progrès » :

« A 52 ans, il quitte femme et enfants pour devenir une petite fille de six ans.
L’homme, ou plutôt la fillette, a depuis été adoptée par un couple.
Après 23 ans de mariage et sept enfants, un transgenre canadien de 52 ans a laissé sa famille pour assumer ce qui est selon lui sa véritable identité : une petite fille de six ans. » (7sur7.be)
Dans un monde normal, cet homme devrait être considéré comme ayant un problème mental. Mais dans la société actuelle fondée sur les Lumières, il est considéré comme manifestant sa raison en se détachant des « déterminismes » et des « préjugés ». Il se libère, donc il y a progrès.

« Je suis un chat coincé dans un corps de femme »
On croirait une blague comme il en circule tant sur le Net. Mais c’est une information très « sérieuse » qui sort sur YouTube, mise en ligne par une Norvégienne de 20 ans. Nano explique ainsi : « J’ai compris que j’étais un chat quand j’avais 16 ans, lorsque les médecins et les psychologues ont découvert quelle était “la chose” chez moi. À ma naissance, il y avait un défaut génétique. ». En effet, on peut se poser la question : bercée trop près du mur ou déjantée congénitale ?
Cette gentille jeune fille se comporte ainsi comme un chat. Fausses oreilles pointues, piercings autour de la bouche évoquant des moustaches et, bien sûr, une fausse queue de chat. Pour faire sa toilette, elle a aussi deux gants pattes de chat faits de fausse fourrure rose, qu’elle frotte contre son visage. Elle ne parle plus mais miaule et dit être capable de communiquer de cette manière avec son ami Sven. Pour dormir, elle se pelotonne dans un évier ou sur un appui de fenêtre. (Boulevard Voltaire)
Idem, dans un monde normal, cette femme devrait être considéré comme ayant un problème mental. Or, on est ici dans les ultimes implications de l’idéologie des Lumières. La théorie du genre, dans la logique des Lumières, nous dit : je ne suis pas un homme ou une femme, c’est moi qui choisit, car je suis libre. Dans le cas présent, on passe à un niveau supérieur : je ne suis pas un humain ou un animal, c’est moi qui choisit. La liberté avance, donc c’est le progrès.
Ensuite comme elle est un chat, elle est donc en quelque sorte zoophile donc elle sera discriminée car elle ne pourra pas se marier avec un autre chat. Donc il faudra militer pour le mariage zoophile pour faire avancer la liberté et l’égalité. Ça sera le progrès. Bien sûr, il faudra l’accepter car c’est la tolérance, c’est-à-dire le respect de la pleine souveraineté de chaque individu au détriment de toute autre considération.

« Poney-club de Saint-Nazaire : deux homosexuels venaient y faire leurs cochonneries le week-end et violaient, au passage, des chevaux » (ndf.fr)
L’amour homme/animal, c’est la liberté ! Au nom de quoi, on m’empêche, moi, souverain suprême, de sodomiser des chevaux ? Une nouvelle étape de la liberté est franchit, c’est donc le progrès.

« Allemagne : des homosexuels demandent le droit d’enc… les animaux, la justice les déboute. Deux homosexuels ont porté plainte devant le tribunal constitutionnel fédéral contre l’interdiction des relations sexuelles avec des animaux. Ils en appelaient à leur droit à l’autodétermination sexuelle. Pour leur répondre, les juges se sont appuyés sur la loi de protection des animaux. » (ndf.fr)
La philosophie à la base de ce qu’on appelle les démocraties est la philosophie des Lumières. Dans cette optique l’homme est sa propre loi, donc rien ne permet d’interdire les relations sexuelles avec les animaux. La morale ? Elle n’existe pas et c’est une atteinte à la liberté, donc c’est mal. Leur argument à l’autodétermination sexuelle est parfaitement recevable dans la logique des Lumières. Les juges sont piégés. Ils sont donc obligés de prétexter une loi de protection des animaux pour empêcher cette avancée de la liberté. Probablement que ces juges n’ont pas encore été suffisamment irrigués par les lumières du Progrès… La philosophie à la base de la société et du droit le permet théoriquement mais les personnes ne sont pas encore prêtes à l’accepter.

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