Analyses et réflexions diverses

Nous postons ici diverses analyses et réflexions qui sont trop courtes pour faire l’objet d’un article à part entière. Cet article sera mis à jour par de nouveaux ajouts.


« Ce qui compte en premier lieu n’est pas la forme du gouvernement, mais l’esprit philosophique et religieux qui l’anime. » (Adrien Abauzit)

Cette phrase est à bien comprendre car beaucoup d’esprits sont confus sur ce point et ont un problème de discernement.

La monarchie d’avant 1789 est chrétienne. Entre 1789 et 1792, la monarchie repose sur les Lumières. En 1792, elle est remplacée par la République qui repose elle aussi sur les Lumières.
Idem 40 ans plus tard : en 1830, on passe de la monarchie chrétienne de Charles X à la monarchie des Lumières de Louis-Philippe. La forme reste la même mais le fond est totalement différent. Donc utiliser le même mot de « monarchie » pour ces deux régimes est insuffisant, car l’on confond des contenus philosophiques et religieux différents et incompatibles. La plupart des esprits ne voit que la forme extérieure.
Idem en 1940 : on passe de la République des Lumières à une république seulement politique où le contenu idéologique des Lumières a été évincé au profit d’un retour à l’ordre naturel. Quand la gauche parle de République, elle vise uniquement la République des Lumières. Avec Pétain, le projet était d’instaurer une république ne se confondant plus cette idéologie des Lumières, avec la mystique révolutionnaire. Ce devait être simplement une forme républicaine du gouvernement.

Exemple de confusion avec ce commentaire d’une personne récupéré sur Facebook :

« Ce que j’apprécie dans ton statut, c’est que tu recadres l’aspect « république ». La république mise en place en 1958 n’est pas celle dévoyée par le gauchisme ultérieurement.

L’Europe était déjà libérale avant la Révolution. La République, qui était alors aristocratique, a accouché du bonapartisme, soit le meilleur qu’ait jamais produit la France.

Par ailleurs la République c’est 1792. Avant c’est une monarchie constitutionnelle. Et la plupart des pays européens d’Europe de l’ouest sont ou on été des monarchies : Royaume-Uni, Espagne, Italie (jusqu’à 1946), Pays-Bas, Belgique, … ce qui ne change strictement rien à leur situation : UE, immigration, libéralisme, mariage gay, … »

On retrouve dans le premier paragraphe la théorie de la trahison propre à l’esprit libéral. La république mise en place en 1958 repose sur les principes de 1789 (donc de la philosophie de gauche) et le gauchisme est simplement une radicalisation de ces mêmes principes. Radicalisation inhérente à ces principes d’ailleurs, car basée sur une Liberté absolue qui doit toujours aller plus loin dans sa logique.

L’Europe était déjà libérale avant la Révolution, mais ces principes n’étaient pas la base sur laquelle reposait la société. Le bonapartisme est une fausse droite reposant sur les principes de 1789. C’est une tendance politique voulant concilier droite et gauche, mais qui finalement met les principes de gauche comme base de la société. Le Code Napoléon est irrigué par la philosophie des Lumières par exemple.

La République c’est 1792 et avant c’était une monarchie constitutionnelle, c’est vrai, mais les deux reposaient sur la philosophie des Lumières. On a ici un exemple de l’incapacité à voir le fond philosophique, l’esprit derrière la façade. La plupart des pays européens d’Europe de l’Ouest sont ou ont été des monarchies, c’est vrai, mais des monarchies reposant aujourd’hui sur l’idéologie des Lumières. Ces pays sont tous considérés comme des démocraties. Évidemment, ces monarchies n’ont aucune différence de fond avec la République dite « française » : L’UE, l’immigration, le libéralisme, le mariage gay, etc. que déplore l’auteur, sont justement les conséquences de l’idéologie des Lumières posée comme socle des sociétés à la fois dans ces monarchies européennes actuelles et en France sous la République.

Il faut regarder sur quel socle philosophique repose une société.


Dans la pensée de gauche, tout est binaire, tout est manichéen. Il y a une incapacité à saisir la complexité du réel et les nuances. Voir cet article.

C’est tout blanc ou tout noir. Par exemple, dire qu’Alain Soral a raison ou qu’il est bon sur tel point mais ne pas être d’accord sur tel autre point, est perçu par la pensée de gauche comme une incohérence. Ce qui n’est pas le cas.


Il existe un gros problème de compréhension au niveau du clivage gauche/droite : chacun des deux camps voit l’autre camp à travers son logiciel intellectuel.

La gauche fonctionne comme un processus en évolution, où l’on doit détruire un ordre dit ancien pour aboutir à un nouvel ordre basé sur la souveraineté absolue de l’Homme qui se substitue à Dieu. D’où, par exemple, la formule maçonnique « ordo ab chaos ». D’où également l’importance de la théorie de l’Évolution pour légitimer cette idéologie, malgré le démenti des faits.

La droite, quant à elle, fonctionne sur un ordre de la Nature, immuable, avec des valeurs transcendantes, où l’Homme reconnait un ordre de légitimité supérieur.

La gauche regarde la droite à travers son logiciel évolutionniste et la droite regarde la gauche à travers son logiciel immuable. Exemples :

• Une personne de droite va relever que des hommes de gauche d’autrefois étaient contre l’avortement, comme Georges Clemenceau par exemple. Mais son opposition à l’avortement ne remet pas en cause sa nature d’homme de gauche. Le processus de la gauche – le Progrès dont elle parle – est un processus de « libération » de l’Homme, donc une avancée progressive qui s’étale dans le temps. On ne passe pas d’un ordre présent à un nouvel ordre d’un claquement de doigt, surtout quand il s’agit de vouloir changer la nature humaine et le fonctionnement profond d’une société. L’avortement avait vocation dès le début (1789) à devenir un « droit fondamental ». Les personnes de l’époque ne l’auraient pas accepté, mais les principes posés développent ensuite leurs conséquences indépendamment des intentions de leurs promoteurs. Et l’homme de gauche d’aujourd’hui finit par adhérer à ce que l’homme de gauche d’hier refusait.

Pour un homme du « Moyen Âge », le sans-culotte paraitrait très « moderne », mais ce dernier semblerait complètement « rétrograde » en comparaison d’un homme né au XXIème siècle. De la même manière, Simone Veil fut « révolutionnaire » en son temps. Quarante ans plus tard, elle passait sans doute comme « conservatrice », « réac » ou périmée.

La gauche est un processus en évolution et qui se radicalise sans cesse, sans jamais poser de limite, car il n’y a pas d’ordre, pas de valeur morale, pas de Dieu etc. puisque c’est l’Homme qui est l’origine et la fin de tout.

• Les personnes de gauche vont vouloir que la droite se plie à leurs principes, sans comprendre que la droite fonctionne différemment. Il faut que la droite évolue comme la gauche. Or, en adoptant cette attitude, la droite finit par être neutralisée par la gauche et n’être plus qu’une gauche sans conviction. Ce qui donne aujourd’hui la fausse droite intégrale incarnée par le parti « Les Républicains ». Qu’on nous explique quel est le lien entre un Joseph de Maistre et un Alain Juppé…


Un problème revient sans cesse dans les esprits gauchisés : on ne voit que la forme et quasiment jamais le fond des choses. La pensée de gauche se focalise sur la forme des choses.

Cette observation a été faite plus haut dans la partie concernant le socle philosophique sur lequel reposent les sociétés, mais on peut trouver d’autres exemples.

Par exemple, le cas de certains historiens titulaires d’un doctorat en histoire. Le badaud pense que la détention de ce grade est gage de qualité et de vérité historique. En réalité, cela ne veut rien dire. Des historiens comme Bénédicte Vergez-Chaignon ou Bernard Costagliola sont docteurs en histoire et pourtant ils sont mauvais et sortent des livres d’histoire idéologique en contradiction avec la réalité historique.

L’historien de gauche Patrick Boucheron a beau être professeur au Collège de France, son Histoire mondiale de la France est une grosse propagande idéologique en violation des règles élémentaires du travail d’historien. Voir l’article d’Eric Zemmour sur le sujet : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article14407

L’anthropologue Maurice Godelier a beau être directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et médaille d’or du CNRS en 2001 pour l’ensemble de son œuvre, sa pensée idéologique pourrit la recherche scientifique et la connaissance du vrai. Voir cet article : http://www.bvoltaire.fr/mariage-homo-pas-de-precedent-dans-lhistoire/

La personne a beau avoir un grade élevé dans la société, si son esprit est pourri d’idéologie, le résultat sera mauvais. Le grade seul n’est pas un gage de qualité. Le gage de qualité est la manière dont est structuré son esprit : si la pensée se soumet à la réalité et l’explore dans toute sa complexité, sans filtre idéologique, la qualité sera très probablement au rendez-vous. Si la personne adopte cette disposition intellectuelle et qu’en même temps elle est docteur en histoire, le résultat sera bon. Mais cela, la plupart des gens ne le comprend pas et se focalise uniquement sur la forme.


Le clivage gauche/droite n’est pas une adhésion superficielle à des idées politiques : ce sont deux philosophies, deux métaphysiques, deux anthropologies différentes. Ce clivage n’est que la transcription politique d’un clivage bien plus profond.

La droite adhère à un ordre naturel, à une philosophie réaliste helléno-chrétienne et au christianisme. La gauche adhère à la philosophie des Lumières.

La droite adhère à la métaphysique d’un monde créé par un être transcendant, tandis que la gauche adhère à la métaphysique d’un monde auto-crée qui s’explique par-lui même et évolue.

La gauche veut créer un Homme nouveau, donc elle veut par définition créer un AUTRE type d’Homme. L’Homme de droite et l’Homme de gauche seront deux types d’Hommes différents : un homme naturel et un homme artificiel. Par exemple, entre l’Homme de droite appartenant à une patrie (réelle) et l’Homme de gauche se sentant oppressé par des frontières et ne voulant appartenir à rien, il y a une différence de fond. Entre un Homme qui n’est qu’une « machine de chair » (Diderot) pour la gauche, et un Homme qui est un être spirituel pour la droite, il y a une différence de fond également. On a affaire à des hommes qui ne sont pas constitués de la même manière.


Traduction de la formule « Pas de liberté pour les ennemis de la Liberté » (Saint-Just) : Pas d’autorisation (de s’exprimer, d’exister politiquement etc.) pour les ennemis de la souveraineté de l’Homme.

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